Bien dessiner en 10 points !


1/ Préparatifs

Je commence par organiser mon espace de travail confortablement.

2/ Choix des outils

Je prépare mes outils : différents niveaux de dureté (des secs comme le HB aux plus gras comme le 4B) et différentes types (ici des mines de plomb et des mines graphites).

3/ Posture 

Je tiens mon outil dans le prolongement des doigts et la continuité du bras. Sans forcer ni me crisper, ni en m’affaissant sur ma table: les doigts souples, le bras mobile, le buste reculé pour conserver une vision globale.

Je ne tiens pas mes crayons comme mon stylo pour écrire ! Ecrire et dessiner sont deux gestes à bien distinguer !

4/ Composition

Je commence par placer la silhouette globale de mon sujet dans l’espace de la feuille.

Ne surtout pas détailler ou pire : aboutir un morceau sans avoir avancé le reste ! Il faut toujours conserver la globalité de son motif, ne pas se focaliser sur un détail en oubliant le reste, sinon le résultat sera dépareillé, il y aura des dissonances entre les différentes parties. Et comme j’aurais passé beaucoup de temps sur le morceau précédent, je ne voudrais pas gommer et recommencer. Certains même avancent petit à petit et arrivent au bord de la feuille sans pouvoir rentrer leur modèle en entier ! Cette mauvaise habitude provoque bien souvent de gros défauts de proportions.

Je ne gomme pas ! Gommer interrompt le dialogue avec le modèle et coupe le geste. De plus le dessin peut se rectifier grâce à ces lignes erronées qui guident la correction.

Quand mes proportions sont ajustées et ma forme sûre, je peux nettoyer mes lignes à la gomme.

5/ Vision globale

J’avance le dessin des détails globalement, mon dessin s’élabore partout progressivement.

6/ Le trait 

J’oriente mon trait comme pour suivre le relief de mon modèle. J’en suggèrerai d’autant plus le modelé !

7/ Les Ombres

Je traite les ombres progressivement : je marque les demi-tons puis petit à petit je repasse ou reviens avec un outil plus gras pour aller vers les valeurs plus foncées. C’est une question de bon sens : on peut toujours intensifier une ombre, l’éclaircir reviendrait à gommer et donc tout enlever. Ce qui créera une regrettable cassure dans la continuité des ombres.

Je crée mes dégradés par le frottement de la mine (son biseau est fort utile à cette fin). Les estompages au doigt ou avec des outils spécifiques créent rarement d’heureux effets. Cela provoque des ombres sales et une espèce de brume qui enlève sa clarté et sa fraîcheur au dessin. Le recourt aux estompes est souvent un aveu de carence technique…

8/ Prise de recul

Il est important de régulièrement s’éloigner pour mieux voir son dessin. Le relever à la verticale est aussi utile : cela évite la lumière trop écrasante qui frappe perpendiculairement la feuille.

9/ Finitions

Je me prépare alors à faire les finitions : les derniers détails, rectifier des dégradés et marquer les ombres les plus fortes avec un outil encore plus gras.

10/ S’arrêter au bon moment! 

Enfin, je laisse reposer mon travail quelques heures ou une nuit pour l’apprécier d’un œil neuf !